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Électeur, c’est toi le criminel !

Le candidat et la poire / L’électeur : Ah ! La belle poire ! / Le candidat : Si tu veux m’aider à l’avoir, je te la promets ! / Le candidat : Allons, encore un petit effort et nous y sommes ! Mais sais-tu qu’elle est magnifique ! / Le candidat : Que réclames-tu ? / L’électeur : La poire ! / Le candidat : Mais la poire ! C’est toi ! / Tout parle-menteur vit aux dépens de l’électeur

Publié il y a  3,286 Vues Actualisé il y a 1 mois

Si vous confiez votre carte bancaire à quelqu’un, vous perdrez le contrôle de celle-ci et vous avez une chance sur deux d’être floué, et surtout devenir dépendant de cette personne. Si 66 millions de personnes donnent le plein pouvoir à un seul individu pour gérer les caisses de l’Etat, la probabilité d’être trompé est autant importante que le nombre d’électeurs. L’heureux élu a ainsi carte blanche et décidera iniquement du sort de toute la nation. Pour ce faire, il imposera ses propres directives, piochera dans les trésoreries publiques, nommera ses protecteurs, punira ses opposants, et récompensera les personnes qui l’ont aidé à usurper la gouvernance. Il existe trois manières d’accaparer le pouvoir : par héritage et prosternation des sujets, par putsch militaire et renversement du pouvoir en place, par ruse à l’occidentale en faisant croire aux « citoyens » que c’est le peuple qui élit ses représentants, alors que c’est la finance qui désigne par avance le futur candidat. Les deux cas les plus flagrants, sont les dernières élections américaines et françaises.

Les époques ont changé, mais les méthodes et les intentions politiques restent les mêmes. Toutes les personnes qui osent dénoncer les supercheries du système, soi-disant démocratique, sont réprimées et traitées de complotistes. Auparavant, ces mêmes alerteurs étaient surnommés des anarchistes. Nous retenons ici un célèbre personnage qui a défrayé la chronique au début du siècle dernier, le nommé José Albert, dit Albert Libertad. Il est né le 24 novembre 1875 à Bordeaux et mort le 12 novembre 1908 à Paris dans des circonstances douteuses, il aurait été malmené par des policiers, selon ses proches.

En 1906, Libertad multipliait les conférences anarchistes et menait une campagne contre les élections législatives. Il accusait la population d’être complice du pouvoir en lui permettant d’y accéder. Libertad était populaire dans tout Paris, il s’adressait directement aux gens dès qu’un rassemblement se formait quelque part. Il avait la voix forte, mais avec un sens sérieux des nuances. Il savait prendre son auditoire.

« Libertad parlait. Sa voix âpre et chantante tour à tour contait en ses inflexions précipitées comme un débordement du cœur, la joie de vivre au rythme des libres sensations en la simplicité des gestes sans morale, l’horreur d’agoniser au mécanisme des tâches serviles en la complexité des mouvements convenus, la bêtise des politiques, la complicité des maîtres et des esclaves, l’autoritarisme de toute force collective, la lâcheté des hommes qui ne savent agir qu’en troupeau et la jouissance de se découvrir et de recréer, et de se perdre en toute sa sève, comme une tige droite et souple vers le soleil, et de s’assurer soi-même vivant et libre dans la lumière. Libertad chantait l’anarchie comme une force que chacun portait en soi. Et, tandis qu’il parlait, les yeux des jeunes gens brillaient d’une lumière intérieure. Au rythme de cette voix, ils écoutaient en eux s’éveiller l’âme de leur jeunesse. »

Nous publions, ci-dessous, deux textes célèbres parus dans l’Anarchie en 1906 :

 

Électeur, c’est toi le criminel !

C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime. Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?

Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ?

Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, – par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, – par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ?

Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, du chômage, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

Tu élabores tout et tu ne possèdes rien ? Tout est par toi et tu n’es rien.

Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.

Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage. Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes [sic]. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, – et que tu nous imposes par ton imbécillité.

C’est bien toi le Souverain, que l’on flagorne et que l’on dupe. Les discours t’encensent. Les affiches te raccrochent ; tu aimes les âneries et les courtisaneries : sois satisfait, en attendant d’être fusillé aux colonies, d’être massacré aux frontières, à l’ombre de ton drapeau.

Si des langues intéressées pourlèchent ta fiente royale, ô Souverain ! Si des candidats affamés de commandements et bourrés de platitudes, brossent l’échine et la croupe de ton autocratie de papier ; si tu te grises de l’encens et des promesses que te déversent ceux qui t’ont toujours trahi, te trompent et te vendront demain : c’est que toi-même tu leur ressembles. C’est que tu ne vaux pas mieux que la horde de tes faméliques adulateurs. C’est que n’ayant pu t’élever à la conscience de ton individualité et de ton indépendance, tu es incapable de t’affranchir par toi-même. Tu ne veux, donc tu ne peux être libre.

Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus.

Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.

Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action [sic].

Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement tu pourras vivre pleinement.

Placard anti-électoral, 1er mars 1906  / Publié par l’anarchie n°47 et signé Albert Libertad.

 

 

 

À l’homme qui veut voter

À nouveau, l’heure de choisir les bergers a sonné. Elle retentit gravement au beffroi de toutes les politiques, afin que tu ne l’oublies pas :

Tous aux urnes, pas d’abstentions, voici le refrain final des sonneries diverses.

Ne pas voter, c’est un pêché, dit le catholique. — Ne pas voter, c’est être un mauvais citoyen, dit le républicain. — Ne pas voter, c’est trahir ses frères, dit le socialiste.

Qu’est-ce donc que voter ? C’est choisir soi-même le maître qui vous donnera le fouet, qui vous volera.

L’ouvrier forge les chaînes qui l’attachent, bâtit les prisons qui l’enferment, fabrique les fusils qui le tuent. Il pétrit la brioche qu’il ne mangera pas, il tisse les vêtements qu’il ne portera pas… Mais cela ne lui semble pas suffisant. Il veut paraitre le maitre, le peuple souverain, et il choisit lui-même ceux qui lui tondront la laine sur le dos. Il est le bétail, le troupeau qui nomme ses bergers.

Il croit qu’il est impossible de ne pas être dirigé, aussi veut-il se payer le chic de choisir les bergers qui frapperont son échine et les chiens qui mordront ses mollets.

Homme qui veux voter, réfléchis.

Réfléchis bien. Les riches ne sont puissants que par leurs bergers et leurs chiens, et la force du berger et du chien ne vient que de ton acceptation, de ton obéissance, de ton vote.

Ne va plus jeter ton bulletin dans l’urne. Reste chez toi ou va te balader. Tu verras alors la tête des maîtres et des candidats. Moque-toi du vote. Ta force n’est pas dans un carré de papier. Elle est dans ton cerveau, dans tes bras, dans ta volonté, lorsque tu sauras les employer à faire tes affaires et non celle des autres.

Si tu votes, tant pis pour toi. Tu deviens notre adversaire, car

Notre ennemi c’est notre maître,
Or, l’électeur nomme le maître
Donc l’électeur, voilà l’ennemi.

Les abstentionnistes / L’Anarchie, 1906 (Causeries populaires)

 

 


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