FLASH INFOS ZONE

►Faites un DON pour la création de notre Société Coopérative d'Intérêt Collectif ! Merci ♥ ►Découvrez ZOneFR.com | L'AGORA Numérique Francophone ►Découvrez ZOneTUBE.fr - La plateforme vidéo de la ZOne

Financement de la coopérative ZOnÉvolution

Amis lecteurs, chers êtres humains en humanité, nous comptons sur vos soutiens pour réussir notre évolution. Toute notre gratitude. Merci ♥

Je participe

A la mémoire de mon père et de ma mère livrés aux assassins nazis (Maurice Rajsfus)

Maurice Plocki, alias Maurice Rajsfus, nous a quitté le 13 juin 2020 à l’âge de 88 ans. Il était écrivain, journaliste et un grand militant aux « droits de l’Homme ». Il est auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il aborde les atteintes aux libertés, et le génocide des juifs en France.

Publié il y a  2,239 Vues Actualisé il y a 5 mois

Maurice Plocki, alias Maurice Rajsfus, nous a quitté le 13 juin 2020 à l’âge de 88 ans. Il était écrivain, journaliste et un grand militant aux « droits de l’Homme ». Il est auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il aborde les atteintes aux libertés, et le génocide des juifs en France. Dans son livre « tabou » intitulé « Des Juifs dans la Collaboration », Maurice Rajsfus accuse l’Union générale des Israélites de France (UGIF) d’avoir participé au génocide de sa propre communauté !

L’UGIF a été fondée, sur ordre des Allemands, par une loi du gouvernement de Vichy du 29 novembre 1941. Le terme de « collaborateur » désigne un partenariat de l’organisation, nouvellement créée, et le Commissariat général aux questions juives, autrement dit, entre les victimes et leurs futurs bourreaux.

Dans la présentation du livre, on peut lire : De 1941 à 1944 des notables juifs, dans l'espoir de protéger les Juifs français, ont facilité les basses œuvres des nazis et de la police de Vichy. Certains nantis juifs français ont servi la politique de Vichy et ont facilité la politique d'extermination. Ce lourd dossier sur l'UGIF montre comment ces « bienfaisants » participèrent à la mise en place d'une organisation qui a permis l'intensification de la répression antijuive au nom de la politique du moindre mal.

Cette politique dont le but essentiel était d'éviter que la répression ne frappe les Juifs français, permettra, dans un premier temps, d'isoler les Juifs étrangers et de mieux les désigner aux coups des nazis et de la police française. Cette attitude ira jusqu'à la collaboration active, pour certains, sans pour autant protéger les principaux dirigeants de cette organisation qui seront, à leur tour, arrêtés et déportés. Maurice Rajsfus a été le premier à démonter, sources à l'appui, la mécanique infernale de ce Judenrat à la française. La première édition de ce livre est parue en 1980, mais suite à des menaces, aucun éditeur n’a osé rééditer l’histoire dénoncée par l’auteur.

Dans Survivre de Simone de Beauvoir :

« … La collusion avec les Allemands des notables juifs constituant le Judenrat est un fait connu qui se comprend aisément : en tout temps, en tous pays – à de rares exceptions près – les notables collaborent avec les vainqueurs : affaire de classe… »

La préface du livre est rédigée par Pierre VIDAL-NAQUET, on peut y lire :

Le livre de Maurice Rajsfus n’est pas de ceux qu’on se « réjouisse » de présenter au public. Dès le moment où son auteur – que je ne connaissais pas – m’a donné le titre de son ouvrage, Des Juifs dans la collaboration et son sujet : « L’Union générale des Israélites de France », l’UGIF, il m’a paru clair qu’il allait au-devant de risques terribles et pas seulement celui d’être mal compris, celui au contraire d’être trop bien compris ; c’est dans la mesure où il s’agit d’un ouvrage non gratuitement injurieux mais compromettant, au sens fort du terme, que j’ai accepté – en dépit de certaines divergences sur lesquelles je reviendrai – d’écrire quelques pages au seuil de son ouvrage.

Les hommes de la Résistance n’ont guère eu de doute sur ce que représentait l’UGIF : les nombreux tracts et journaux clandestins que cite Maurice Rajsfus le prouvent abondamment : ils ont perçu l’UGIF comme une des formes du piège dans lequel les nazis ont enfermé les Juifs et ses dirigeants comme des « Collaborateurs » auxquels des comptes devraient être demandés après la Libération. De fait, lors de l’arrestation symbolique de G. Edinger, de tels comptes ne furent pas exigés, ni l’accusation ni la défense n’eurent la possibilité de s’exprimer pleinement. Des plaidoyers furent rédigés, dont fait largement et honnêtement part l’auteur de ce livre, ils ne furent pas publiés. Les archives de l’UGIF demeurèrent pratiquement inviolées au Centre de documentation juive contemporaine. Ce livre est le premier ouvrage à en avoir entrepris l’exploitation systématique.

Savoir si un autre comportement aurait été possible et efficace est une hypothèse d’école : en tout état de cause, la France n’était pas le Danemark et il n’était pas possible d’embarquer en une seule nuit la quasi-totalité des Juifs pour les diriger sur la Suède. Du jour où les Allemands étaient à Paris et où les Juifs ne disparaissaient pas sous terre, il était inévitable qu’il y ait des « contacts » entre les bourreaux et leurs futures victimes ; le tout est de comprendre la nature et l’enjeu de cette « coopération ».

Quelques paragraphes du livre :

En France, où les concentrations de Juifs sont nettement moins importantes qu’en Pologne, où les « nationaux » se différencient nettement des « métèques », il faut emprunter une voie originale. Si, en 1941, les nazis estiment possible de faire appel aux Juifs étrangers pour la réalisation de leurs projets, il s’avère très rapidement que cette approche irrite profondément les Juifs français de souche tout comme l’administration de Vichy. Très vite, les nazis, en accord avec les hommes de Vichy, comprendront qu’il convient de réaliser « un Judenrat à la française ». Xavier Vallat, Commissaire général aux Questions juives, sera chargé de trouver les hommes et les femmes adéquats et il les trouvera. Sans trop de difficultés. Les protagonistes de cette tragédie, qui n’avaient pas encore réalisé qu’ils étaient embarqués sur le même radeau que la plupart des Juifs résidant en France, devaient prendre leur rôle au sérieux. Tous estimaient sans doute qu’ils étaient les représentants naturels de ceux qu’ils appelaient leurs coreligionnaires. Tous ces notables, presque tous français de vieille souche, étaient étroitement liés au Consistoire israélite. Tous très pratiquants.

Le fascisme et ses séquelles les plus voyantes, comme l’antisémitisme, ne sont plus indispensables aux Etats forts, sous la forme où nous les avons connues et subies durant les années noires. Aujourd’hui, le racisme quotidien se déchaîne bien plus contre les travailleurs en provenance des pays du Tiers-Monde. Les antisémites d’hier n’ont peut- être pas désarmé mais dans leur majorité, ils se sont reconvertis dans la chasse aux Arabes. Certes, l’antisémitisme n’a pas disparu pour autant et il exerce toujours la même fascination sur ceux qui ont besoin d’un dérivatif à leur déception. Sur ce plan, il y a bien longtemps que l’antisémitisme est banalisé et rien ne pourra modifier cette situation. Cela dit, bien que nous prenions au sérieux toutes les résurgences de l’antisémitisme, ce n’est pas une raison pour nous taire devant la complicité de classe qui s’est traduite par la mise en place d’un Judenrat. Bien au contraire même.

Nous savons très bien que l’antisémitisme fait partie de notre environnement quotidien, même s’il n’a plus les conséquences qu’il pouvait avoir durant la seconde guerre mondiale. Citons pêle-mêle les manifestations banales de cette fièvre (qui a parfois des périodes de rémission) et qui touche aussi bien les notables que les couches populaires, les partis de droite et parfois de gauche. Selon les cas. Il y a les graffiti sur les murs des synagogues, les tombes profanées, les rumeurs d’Orléans ou de Dijon, pour ne citer que ces deux villes, les opuscules pseudo-scientifiques qui réapparaissent de temps à autre, etc. Il s’agit là d’exemples classiques d’un antisémitisme rampant qui ne demande qu’à exploser plus vigoureusement en d’autres circonstances. Ce ne sont pas les manifestations les plus graves.

Ce n’est pas parce que nous dévoilons ici le rôle de pâles comparses (tâche nécessaire, à notre sens, car le travail des bourreaux n’aurait pu atteindre sa perfection sans la coopération des comparses) qu’il nous faut oublier les véritables coupables et leurs principaux auxiliaires.

Le livre se termine par une conclusion :

Après avoir constitué ce dossier qui a pu prendre parfois l’aspect d’un réquisitoire, nous devons à notre tour réfuter deux types d’attaques qui ne manqueront pas de se produire : c’est la règle. Certains nous accuserons d’avoir contribué à véhiculer cette thèse usée jusqu’à la corde et selon laquelle il y aurait eu une véritable connivence entre les victimes et les bourreaux. Il suffit de lire les documents cités pour bien comprendre qu’en France les masses juives ont été tout à la fois les victimes des nazis et des « élites » juives mises en place par les nazis. Quant à l’autre accusation, que nous attendons de pied ferme, c’est celle de faire la litière de l’antisémitisme renaissant.

Bien sûr, ce voyage que nous avons effectué dans un passé, somme toute relativement récent, n’incite guère à l’optimisme. L’homme traqué réagit souvent de façon inattendue quand la menace se précise et qu’il n’y a pas de refuge. Mais cela n’explique pas tout. Surtout quand se dressent entre les victimes et les bourreaux ceux qui se veulent la bonne conscience d’une masse qui ne les a pas délégués à cet effet. N’oublions pas non plus que tous les événements relatés ici sont censés se dérouler sous le signe de la charité.

La « coopération » des notables juifs français avec leurs bourreaux n’a pas été un phénomène isolé, nous l’avons déjà noté. Dans la plupart des pays d’Europe occupés par les nazis, les représentants officiels des communautés juives ont « coopéré ». Il y a sur ce sujet une littérature abondante et de si nombreux témoignages que personne ne songerait à nier ce qu’à notre tour nous affirmons ici. Bien souvent, le rabbinat est arrivé à la rescousse en expliquant au troupeau des fidèles que tous ces événements et leur cortège de misère ne pouvait être que l’expression de la volonté de Dieu. Qu’il fallût subir sans crainte car seul Dieu doit être craint…

Dans tous les ghettos des pays de l’Est, cette « coopération » aura lieu et les notables élus ou mis en place par les nazis se déshonoreront. Devant leur bonne volonté évidente, la tâche des bourreaux sera simplifiée : tous les témoignages en font foi. Dans les ghettos d’Europe de l’Est, le principal ennemi des dirigeants, ce ne sont pas forcément les nazis mais ceux qui s’opposent à la coopération. C’est bien normal d’ailleurs car les notables ou les parvenus qui se sont institués les dictateurs des ghettos sont des hommes d’ordre. Il faut avant tout faire respecter la loi, c’est la seule chance de survie. Le docteur Marc Dvorjetski, survivant du ghetto de Vilno pose parfaitement le problème dans son livre La victoire du ghetto.

A l’examen, on pourrait conclure hâtivement (ce que firent certains) que les Juifs s’étaient conduits comme des moutons que l’on menait à l’abattoir. C’est un raisonnement facile, sans le moindre fondement. Il faut avoir vécu cette période, en avoir souffert dans sa chair, pour bien comprendre les mécanismes qui permirent aux nazis d’exterminer plus de 75.000 Juifs vivant en France (la plupart originaire de l’Europe centrale) sans qu’il y ait de trop vives réactions.

Les militants juifs qui n’avaient pas accepté cette situation et dont les petites structures (comme celles qu’abritait le Comité de la rue Amelot par exemple) avaient été rapidement décimées, rejoindront, pour la plupart, la Résistance française enfin organisée. Il ne s’agit là pourtant que d’une petite minorité d’hommes et de femmes décidés, stigmatisés jusqu’au bout par les dirigeants de l’UGIF, quand ils ne seront pas dénoncés purement et simplement aux nazis comme ce fut sans doute le cas en certaines occasions.

Tout au long des recherches qui ont précédé la rédaction de ce travail, puis plus tard, auprès de certains interlocuteurs, la même réaction s’est manifestée : il y a des relents d’antisémitisme dans cet ouvrage ! Rien que cela. Il est vrai que cette accusation émanait le plus souvent de sympathisants sionistes. Il est plus étonnant, par contre, de constater que la réaction a été parfois identique dans certains milieux d’extrême gauche. Est-ce le désir de respecter le consensus face à un problème dont certains souhaiteraient qu’il ne soit pas évoqué de crainte que les antisémites ne s’en emparent ? Ce n’est pas sérieux. La démarche entreprise ici est exactement inverse. Ce qui est en cause, ce n’est pas la qualité de Juifs des protagonistes, c’est bien évident, mais leur rôle social et le poids de leur intervention.

Soyons sérieux et ne parlons d’antisémitisme qu’à bon escient. L’auteur, victime à l’âge de quatorze ans de la barbarie nazie et de la servilité de la police française, est bien placé pour savoir ce que peut être l’antisémitisme banal ou actif, selon les cas. Comme le veut la sagesse populaire, il s’est simplement contenté de balayer devant sa porte…    


Votre réaction?

11
LOVED
0
LOL
0
FUNNY
1
PURE
0
AW
0
BAD!
1
OMG!
0
EEW
1
ANGRY
0 Commentaires

  • A la mémoire de mon père et de ma mère livrés aux assassins nazis (Maurice Rajsfus)
  • Jean Valmont-Decker