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« De la Liberté Intellectuelle » Mustapha Saha

« Certes, notre plume est une arme bien faible, et on ne manque pas de nous le faire cruellement savoir. Mais il est de notre devoir d’en faire usage… On pourra donc, plus tard, nous reprocher d’avoir été impuissants, mais pas de nous être déshonorés » (Klaus Mann, Contre la barbarie, 1925 -1948, traduction française éditions Phébus, 2009).

Publié il y a  1,702 Vues Actualisé il y a 29 jours

Nous publions, ci-dessous, un texte © inédit du sociologue et penseur, Mustapha Saha. C’est un résumé d’un des chapitres de son prochain ouvrage "Psychopathologie sociale du confinement".

La logique apocalyptique fait, depuis toujours, chantage de la catastrophe pour forcer l’opinion. La soumission ou la mort. Les technocrates recourent aux mêmes méthodes de persuasion que les tyrans. Ils assènent leurs chiffres et leurs courbes statistiques comme des vérités irréfutables. Les arguments d’autorité n’admettent que le suivisme. Les crises économiques, financières, boursières, bancaires,  budgétaires, sanitaires ne doivent rien au hasard. La pandémie est une maladie de la mondialisation. Et pourtant, des experts reparlent de gouvernance mondiale.  Au moment où le monde nouveau, transversalisé par la révolution numérique et l’interactivité des cultures, éclot à la base dans la diversité, la pluralité, l’hétérogénéité fertilisante, les technocrates d’arrière-garde le neutralisent, l’uniformisent, le stérilisent. L’idée de gouvernance mondiale sous-entend aujourd’hui un contrôle permanent, systématique, un absolutisme big-brotherien au service de l’oligarchie financière. Les humains ne sont, dans ce modèle, que des fourmis cybernétisées, électronisées, paramétrés selon leur utilité mécanique. […]

La curiosité culturelle du public est formatée les séries télévisées et les jeux vidéos. Comment rapporter les événements présents, le plus fidèlement possible, les éclairer d’analyses sociologiques, anthropologiques, sémiologiques, de correspondances historiques, leur donner une signification, un sens, une perspective, quand le récepteur, le lecteur, le public, se complaisent dans la doxa dominante. « Les ennemis de la liberté intellectuelle présentent leur point de vue dénégateur comme un plaidoyer pour le grand nombre. Les écrivains, les artistes sont incriminés d’individualisme, d’égoïsme. L’antagonisme entre la vérité et le mensonge est relégué au second plan. Le mensonge organisé du totalitarisme n’est pas un expédient temporaire. Le mensonge est un procédé inhérent au totalitarisme. Son usage perdure au-delà des camps de concentration, au-delà des polices politiques. Le totalitarisme exerce sur les intellectuels sa plus grande pression. Les scientifiques ne sont pas soumis à une menace d’une telle envergure. Les scientifiques, dans tous les pays, se rangent derrière leur gouvernement…  Sous le totalitarisme, il n’y a que de la mauvaise littérature. Les mots ne peuvent servir à glorifier la tyrannie. Jamais un bon livre n’a été écrit pour célébrer l’inquisition. La disparition de la liberté intellectuelle paralyse le journaliste, le sociologue, l’historien, le romancier, le critique… ». Le politicien se livre sans peine, sans état d’âme, à des revirements d’opinion. Il s’accommode parfaitement du néototalitérisme quand il lui procure quelque pouvoir. Il adapte son discours. Son populisme se distille dans tous les couleurs.

La gouvernance néototalitaire, qui couvre de toute sa surface le néolibéralisme, mobilise les techniques biopolitiques, les ressources numériques, l’ingénierie médicale, pour réduire la population à la passivité totale. Le contrôle de ces populations a pour objectif d’augmenter le pouvoir, déjà démesuré, des entreprises multinationales et des marchés internationaux, et de réduire à néant toute action de la société civile. Une forme inédite de totalitarisme mondial. […]

Le gouvernement mondial, qui prend la forme d’une union fédérale, a pour unité l’individu déraciné de toute filiation culturelle, de toute attache sociale, de tout autre principe philosophique que l’individualisme. L’atomisation comme condition du libéralisme. L’entité supranationale s’arroge le droit d’accorder la citoyenneté, de lever et d’entretenir une armée, de faire la paix ou la guerre, de réglementer le commerce intérieur et extérieur, de battre monnaie, d’organiser les communications. Cette union transatlantique, promulguée État fédéral mondial, contrôlerait les mers, les airs et les deux tiers du commerce planétaire, et serait dirigée par un gouvernement unique. Elle ne connaîtrait aucune limitation à sa force d’expansion. Une hyper-colonisation. Le mondialisme occidental est posé comme horizon indépassable. Une volonté cynique d’américaniser le monde. […]

Dans L’Ère du capitalisme de surveillance, la sociologue Shoshana Zuboff montre comment la révolution numérique installe la surveillance commerciale, qui capte les expériences humaines pour les traduire en prévisions comportementales, aliénables, commerçables, monnayables. Autant le capitalisme industriel fonctionne sur la division du travail, autant la société numérique repose sur la division du savoir. Le capitalisme de surveillance dispose d’une telle concentration de connaissances technologiques, de performances algorithmiques,  de réseaux internétiques, qu’il s’affranchit de tout contrôle. Google convertit les données de navigation de ses utilisateurs en outils de prédiction, capables d’orienter les publicités vers la clientèle idoine. L’extraction automatique déduit les pensées, les sentiments,  les motivations, les intentions en faisant fi de la conscience et du consentement des personnes concernées. Le téléguidage informatique préfigure la transhumanisation. La techno-surveillance s’étend à tous les domaines. Tout se contrôle en temps réel.[…]

La crise sanitaire remet en cause, sans préavis, la libre circulation mondiale des marchandises, des capitaux. Les frontières se ferment.  Les avions arrêtent de voler. Les bateaux cessent de naviguer. Les flux commerciaux se paralysent. Les industries s’ankylosent. Les administrations s’engourdissent. Les pays se cloisonnent. Les familles se confinent. Les réformes libérales, antisociales, les privatisations s’interrompent. Seule continue, grâce aux réseaux internétiques, la circulation des informations, fausses et véridiques,  alarmistes. Les tergiversations, les louvoiements, les atermoiements des autorités politiques et scientifiques éclatent au grand jour. Il aura suffi d’un virus microscopique, infinitésimale, indécelable pour souffler la mort comme un vent de cendres, semer la panique dans chaque conscience humaine et transformer les ingénieurs de la rentabilité en sages tibétains. Les crises financières répétitives et les pandémies réduplicatives deviennent trop familières. Elles surviennent, à chaque fois, dans un épicentre et s’étendent par cercles concentriques à l’ensemble de la planète. Le monde s’écroule sous ses pesanteurs pyramidales. Quand une jonction se déroche, l’ensemble de l’édifice s’éboule. La belle machine de la mondialisation, fondée sur l’intégration des marchés, qui prétend   fonctionner en pilotage automatique et assurer tout de go la prospérité économique, la santé perpétuelle et la paix permanente, se détraque au moindre choc monétaire ou sanitaire. […]

Dr Mustapha Saha / Sociologue, poète, artiste peintre

 


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