FLASH INFOS ZONE

►Faites un DON pour la création de notre Société Coopérative d'Intérêt Collectif ! Merci ♥ ►Découvrez ZOneFR.com | L'AGORA Numérique Francophone ►Découvrez ZOneTUBE.fr - La plateforme vidéo de la ZOne

Financement de la coopérative ZOnÉvolution

Amis lecteurs, chers êtres humains en humanité, nous comptons sur vos soutiens pour réussir notre évolution. Toute notre gratitude. Merci ♥

Je participe

France : Extermination des personnes âgées

Les vieillards sont-ils des hommes ? À voir la manière dont notre société les traite, il est permis d'en douter. Simone de Beauvoir

Publié il y a  4,452 Vues Actualisé il y a 4 mois

Dans les pays dits civilisés, les personnes âgées deviennent une tare pour la société. La fin de la vie de nos ainés est un véritable naufrage social. « Leurs paroles poignantes laissent entrevoir un fragment de la fin de l'existence de nos aînés qui meurent en maison de retraite. Loin du tumulte médiatique des affaires d'euthanasie » (Étude de l'Observatoire national de la fin de vie (ONFV) 2013.

« On est devenu pas grand-chose : une table, un pot. On n'est plus vivant quoi, on est un morceau de bois », lâche une vieille dame de 97 ans, touchée par la dépression, comme le sont 40% des personnes âgées en institution. « Ça ne m'effraie pas de mourir, au contraire : je serai débarrassée de ce que je vis, je débarrasserai les miens aussi. Ce n'est gai pour personne de venir ici », avance une autre résidente, soucieuse de ne pas être un poids pour ses proches. Avoir le sentiment d'être inutile : la première mort des personnes âgées est « une mort par exclusion de la “vraie vie”, celle des gens qui bougent, qui vont vite, qui travaillent », souligne l'étude. Cette angoisse est renforcée par le « non-choix » de l'entrée en institution, nécessité qui s'est imposée aux proches, faute de ne pas pouvoir poursuivre une prise en charge à domicile, trop « coûteuse ? » ou ingérable. Les trois quarts des personnes âgées en Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) n'ont pas choisi d'y vivre. « Elle m'avait dit : « J'aimerais mieux me jeter du 7e étage que de venir en maison de retraite », confie un fils au sujet de sa mère. « La maison de retraite a une image vraiment… c'est plus que la fin de vie, c'est « on se débarrasse des gens ». C'est cela que je ressens, c'est ce que ma famille m'a fait ressentir : je me suis débarrassée de ma mère », résume un autre, déchiré entre un sentiment de culpabilité et le besoin de préserver sa vie personnelle.

Il aura fallu rien de moins qu'une crise sanitaire pour nous obliger à regarder en face ce que personne ou presque ne souhaitait trop regarder : les conditions de vie et de mort des résidents en Ehpad, ou des « vieux dans les maisons de retraite » quand on les appelait encore par un autre nom.

Les vieux devront continuer à rester confinés, plus de petits enfants, plus de vie sociale, plus de bénévolat, et sans doute pas de vacances cet été. Jusqu'à présent je m'accommodais très bien de mon âge, mais là c'est le découragement absolu. Quelle merde de se sentir inutile...

Les personnes âgées, comme tout le monde, et peut-être même davantage, ont besoin de contacts sociaux. Besoin de leurs proches. Besoin d'une chaleur humaine, que les écrans, aussi perfectionnés soient-ils, ne peuvent pas leur offrir. Et que dire alors de celles et ceux qui meurent loin de leurs proches, avec le poids de douleur que cela représente également pour ceux-ci...

 

Un Gouvernement Criminel

En pleine première vague de l'épidémie de Covid-19, au printemps 2020, le gouvernement a autorisé le recours à des médicaments palliatifs habituellement interdits. « Pièces à conviction » a recueilli des témoignages de soignants révoltés par cette décision.

« Quand on a reçu ces directives, ça nous a choqués, témoigne Sandra Rotureau, cadre de santé, de se dire que là, on ne donnait aucune chance aux personnes âgées de s'en sortir. Quand une personne âgée n'est pas hospitalisée [par manque de lits] et qu'ensuite, ce qu'on lui propose, c'est une sédation dès l'instant qu'elle va présenter une détresse respiratoire... ma première réaction, se rappelle-t-elle, ça a été : on nous demande de faire une euthanasie passive auprès de nos résidents. »

 

 

La Vieillesse : Simone de Beauvoir, Gallimard 1970

[… Les vieillards sont-ils des hommes ? À voir la manière dont notre société les traite, il est permis d'en douter. Elle admet qu'ils n'ont ni les mêmes besoins ni les mêmes droits que les autres membres de la collectivité puisqu'elle leur refuse le minimum que ceux-ci jugent nécessaire ; elle les condamne délibérément à la misère, aux taudis, aux infirmités, à la solitude, au désespoir.

Pour apaiser sa conscience, ses idéologues ont forgé des mythes, d'ailleurs contradictoires, qui incitent l'adulte à voir dans le vieillard non pas son semblable mais un autre. Il est le Sage vénérable qui domine de très haut ce monde terrestre. Il est un vieux fou qui radote et extravague.

Qu'on le situe au-dessus ou en dessous de notre espèce, en tout cas on l'en exile. Mais plutôt que de déguiser la réalité, on estime encore préférable de radicalement l'ignorer : la vieillesse est un secret honteux et un sujet interdit.

Quand j'ai dit que j'y consacrais un livre, on s'est le plus souvent exclamé : " Quelle idée ! C'est triste ! C'est morbide ! "C'est justement pourquoi j'ai écrit ces pages. J'ai voulu décrire en vérité la condition de ces parias et la manière dont ils la vivent, j'ai voulu faire entendre leur voix ; on sera obligé de reconnaître que c'est une voix humaine.

On comprendra alors que leur malheureux sort dénonce l'échec de toute notre civilisation : impossible de le concilier avec la morale humaniste que professe la classe dominante.

Celle-ci n'est pas seulement responsable d'une " politique de la vieillesse " qui confine à la barbarie. Elle a préfabriqué ces fins de vie désolées ; elles sont l'inéluctable conséquence de l'exploitation des travailleurs, de l'atomisation de la société, de la misère d'une culture réservée à un mandarinat.

Elles prouvent que tout est à reprendre dès le départ : le système mutilant qui est le nôtre doit être radicalement bouleversé. C'est pourquoi on évite si soigneusement d'aborder la question du dernier âge. C'est pourquoi il faut briser la conspiration du silence : je demande à mes lecteurs de m'y aider...]

JVD

 


Votre réaction?

24
LOVED
0
LOL
0
FUNNY
0
PURE
0
AW
1
BAD!
0
OMG!
0
EEW
5
ANGRY
0 Commentaires