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Michel Serres philosophe !

« Je viens du Pays cathare, et les cathares disaient que plus on grimpe vers le sommet de la société, plus on s’approche des puissances du mal. L’expérience de la vie m’a prouvé que ce n’est pas faux. Mais comme on est des braves gens, on laisse faire ces 10%... » Michel Serres

Publié il y a  2,274 Vues Actualisé il y a 3 mois

Penseur fourre-tout et rassurant de la société spectaculaire, Michel Serres n’a cessé de donner des brevets de bonne conduite au système. Prof de philo plus que philosophe, il aura rassuré tout le temps politiques, patrons et médiatiques. 

Michel Serres est décédé en 2019 à l'âge de 88 ans. Pendant des décennies, cet optimiste résolu qui a siégé à l'Académie française près de 30 ans a partagé son amour de la philosophie avec le grand public. Grâce à quelque 80 ouvrages, dont Petite Poucette, ou Hergé, mon ami... Sans oublier son enseignement à La Sorbonne et à Stanford. Sa faconde teintée d'accent agenais rocailleux, son sourire et sa simplicité ont participé de la très grande popularité de l'humaniste pour qui "le savoir rend heureux, il rend libre".

 

Michel Serres, une vie de philosophie (France culture)

Michel Serres compare le monde connecté "à une forêt de malandrins", sans lieu précis, sans droit juridique. On ne peut lui appliquer artificiellement une législation d’un autre temps. Il s’agit d’inventer de nouvelles lois au fur et à mesure, "cahin-caha", sans panique. De même que la Rome des brigands et des putains est finalement devenue une vraie république. "Une des vues les plus profondes de la Rome antique, c’était le mélange, et c’est parfaitement contemporain", dit Serres.

Michel Serres juge que la politique et la philosophie courent après la modernité sans la percevoir. Aujourd’hui, tout est à repenser, avec une solide connaissance des sciences nouvelles qui ont transformé le monde, et à la lumière des humanités anciennes. C’est un “travail de Romain” qu’il a effectué "comme les douze travaux d’Hercule", pour pouvoir anticiper “les conduites à venir, et la construction de la maison nouvelle des générations futures”.

Michel Serres étudie l’évolution due aux inventions qui, en cinquante ans, ont impacté nos vies et modifié la condition humaine. Pour le philosophe, les technologies de communication actuelles sont comparables à la révolution de l’imprimerie, qui avait provoqué la naissance d’un monde totalement nouveau. Il rappelle à ce propos que "tout canal de communication est soumis à la double loi du meilleur et du pire" et soutient que "tout dépend de notre volonté politique”.

Michel Serres raconte l’importance d’avoir grandi à la campagne, dans une époque où la vie paysanne était encore un “modèle des actions de l’humanité”, où la science était "toute bonne, pour le bonheur du genre humain et sans détritus”. Jusqu’à l’âge de 30 ans, il raconte avoir “vécu en ambiance de guerre”, avec l’apothéose qu'a représenté la bombe atomique sur Hiroshima, qui lui fait abandonner ses études de sciences pour la philosophie.

 

Les 4 dernières vérités de Michel Serres

Sans déplaisir que publions cette interview accordée à nos amis suisses du Temps. Elle a quelques mois et relève d’un testament lucide. En effet derrière la satisfaction de service pointait une certaine inquiétude, liée notamment à la disparition totale et abyssale du monde rural et de sa civilisation. On est passé en soixante ans de la France de Pagnol et Giono à celle des réseaux sociaux. (Source : dedfonsa.org

Sur ce point fondamental et si négligé par nos antisystèmes, Michel Serres déclarait :

« Dans les années 1900, il y avait 70% d’agriculteurs, et la campagne était très peuplée car l’agriculture exigeait des bras. En 2000, ils n’étaient plus que 3%. Le plus grand événement du XXe siècle reste la disparition de la paysannerie, car nous étions des paysans depuis le néolithique. Autrefois, dans ma jeunesse, il n’y avait pas un avocat, préfet ou médecin des villes qui n’avait pas de rapport avec la paysannerie, parce que son père ou son grand-père était agriculteur. Nous sommes aujourd’hui coupés de ce monde, et c’est une révolution, qu’on le regrette ou non. Un jour, j’ai dû rectifier une institutrice de ma petite fille qui avait dit en classe que les vaches n’avaient pas de cornes parce que c’étaient des femelles. Notre distance avec la paysannerie est désormais énorme. »

Voyez et revoyez le documentaire Farrebique… (Documentaire ci-dessous)

Dans les années soixante, Eliade parle de la deuxième chute. Il n’y a même plus de rites agraires pour commémorer notre lien au cosmos, ajoutait le sage roumain. Depuis on est passé à la troisième chute. Et Serres, qui a tant célébré Hermès et la communication (mon prof de philo, le propre frère du matheux libéral Villani, l’encensait sur ce point…) de remarquer ensuite, un peu naïvement, que la dictature du camp électronique guette :

« J’ai bien connu la Silicon Valley, où j’ai vécu trente-sept ans. A l’époque, il y régnait une idéologie très libertaire et égalitaire. Depuis, ils sont devenus les maîtres du monde, et la propriété exclusive des données par quatre ou cinq entreprises est une catastrophe qu’il faut régler vite. »

C’est la tyrannie oligarchique que tout le monde, Trump y compris, dénonce en vain naturellement. C’est que la machine est plus forte que l’esprit de l’homme ; et qu’elle le réduira en lait en poudre.

Ensuite Serres va encore plus loin. Il déclare que l’espèce humaine est gentille mais qu’elle est gouvernée par les méchants ! Quelle bonne surprise, cette évocation des élites hostiles ! La citation suit la question du Temps.ch :

Mais vous persistez à dire que l’humanité est meilleure ?

Il y a des statistiques intéressantes sur l’augmentation de la bonté, oui. Quant à moi, je pense que 90% de l’espèce humaine est constituée de braves gens qui sont prêts à rendre service si l’on se casse la gueule, et qu’il n’y a que 10% de gens abominables. Hélas, ce sont ces 10% qui prennent le pouvoir. »

Salluste faisait cette même observation il y a deux mille ans. Et d’ajouter que « que la République tirerait plus d’avantage de mon repos, que de l’agitation des autres » (Jugurtha, IV).

Et du coup notre angoissé Michel Serres cite même ses ancêtres cathares qui voyaient le monde créé par un génie du mal (pour le monde moderne, il faudra en inventer un autre !) :

« Je viens du Pays cathare, et les cathares disaient que plus on grimpe vers le sommet de la société, plus on s’approche des puissances du mal. L’expérience de la vie m’a prouvé que ce n’est pas faux. Mais comme on est des braves gens, on laisse faire ces 10%. »

Autre porte ouverte enfoncée par Serres, la croissance des inégalités : les huit américains les plus riches ont plus que les 50% les plus pauvres, etc. On le rassure, tout le monde s’en fout. L’important c’est le migrant et la théorie du genre…

« Sincèrement, qu’est-ce que vous trouvez moins bien maintenant ?

Les inégalités financières et sociales, qui se creusent. Si vous supprimez la classe moyenne, et si vous créez des inégalités toujours plus fortes, il n’y aura plus de démocratie. C’est d’ailleurs ce qui se passe avec Donald Trump… Les grandes inégalités de revenus et de culture sont ce qui nous met le plus en danger. »

Serres tape dans le politiquement correct ici ; laissons Trump tranquille pour une fois. L’augmentation des inégalités a augmenté surtout comme on sait avec Clinton ou Obama. Quant au pire progrès dénoncé :

« L’américanisation générale de la culture et des entrées de ville, qui sont devenues abominables, un hurlement de laideur. »

Ce monde est bien laid et ne donne guère envie aux Poucet d’y survivre. Content pourtant d’avoir montré qu’un personnage aussi consensuel ait « tiré sa référence » la tête haute…

 

 


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