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Mille et un jours, ou Comment ne pas être une Dupe

Sa confiance augmentait en proportion du nombre de fois, de plus en plus important, où on la nourrissait amicalement, et son sentiment de sécurité s’accroissait alors même que l’échéance de sa mort approchait.

Publié il y a  2,453 Vues Actualisé il y a 1 mois

La découverte, au 19e siècle en Australie, du Cygne noir prouve que les théories scientifiques sont, le plus souvent, sans fondements et trompeuses. C’est le travers des chercheurs de vouloir soumettre leurs observations aux règles mathématiques et prétendre ainsi prévoir les événements avec certitude par les règles des probabilités. Or l’existentiel est soumis aux lois imprévisibles de la nature. Auparavant, les Cygnes étaient supposés être tous blancs. Aujourd’hui, l’existence de cygnes noirs n’a plus rien de surprenant.

Best-seller en 2007, « Le Cygne Noir » est un ouvrage à succès de Nassim Nicholas Taleb, écrivain et professeur à l’Institut polytechnique de l’université de New York. Taleb a publié plusieurs livres sur le risque et l’incertitude, notamment « Le Hasard sauvage » (Fooled by Randomness). Son manuscrit « Force et Fragilité » (2010), explore une prolongation de la thèse du Cygne noir, notamment la manière dont la nature, en tant que système complexe, résiste au phénomène du cygne noir. L’effet de surprise disparait dès qu’un évènement inattendu ait lieu. La crise sanitaire (2020), même si sa conception était programmée, son étendue à l’échelle planétaire est un phénomène inattendu pour le commun des mortels.  Au moment où l’ouvrage est apparu, peu d’experts attendaient que la finance américaine allât plonger dans une profonde crise économique. C’est certainement un des titres de gloire de cet ouvrage que d’avoir anticipé une des causes majeures de la crise ; les immenses richesses, que le secteur financier, avait bâties reposaient sur l’idée fausse que l’avenir était prévisible et calculable.

 

Extraits du livre 

Nous voulons vivre au Médiocristan

... Je viens de présenter le problème du cygne noir sous l’angle historique : la difficulté majeure qu’il y a à généraliser à partir des informations dont on dispose ou à apprendre du passé, de ce que l’on connaît. Comme vous pouvez le voir, il est extrêmement commode pour nous de penser que nous vivons au Médiocristan. Pourquoi ? parce que cela nous permet d’exclure les surprises de type cygnes noirs ! Si l’on vit au Médiocristan, ce problème n’existe pas ou n’a pas grande importance. Une telle supposition éloigne comme par magie le problème de l’induction, qui accable l’histoire de la pensée. Le statisticien peut se passer de l’épistémologie. Vœux pieux ! Nous ne vivons pas au Médiocristan, et le cygne noir nécessite une autre mentalité. Comme nous ne pouvons évacuer le problème, nous allons devoir le creuser davantage. ce n’est pas une difficulté insurmontable – et nous pouvons même en tirer des avantages.

 

Comment tirer la leçon de la dinde

Prenez une dinde que l’on nourrit tous les jours. Chaque apport de nourriture va la renforcer dans sa croyance que la règle générale de la vie est d’être nourrie quotidiennement par de sympathiques membres de la race humaine « soucieux de ses intérêts », comme le disent les hommes politiques. le mercredi après-midi précédant noël, quelque chose d’inattendu va arriver à la dinde, qui va l’amener à réviser ses croyances. Le reste de ce chapitre va rendre brièvement compte du cygne noir dans sa forme originale : comment pouvons-nous connaître l’avenir en nous fondant sur ce que nous savons du passé ? Ou, plus généralement, comment pouvons-nous arriver à comprendre les propriétés de l’inconnu (infini) sur la base du connu (fini) ? Repensez à cette histoire de nourriture quotidienne : que peut apprendre une dinde sur ce que lui réserve le lendemain en se basant sur les événements de la veille ? Beaucoup de choses, peut-être, mais sans doute un peu moins qu’elle ne le croit, et c’est simplement ce « un peu moins » qui fait toute la différence. Le problème de la dinde peut être généralisé à toute situation dans laquelle « la main qui vous nourrit peut-être celle qui vous tord le cou ». Songez au cas des juifs allemands dont l’intégration en Allemagne n’avait fait que croître et embellir dans les années 1930, de la façon dont la population libanaise se laissa endormir dans une fausse sécurité par une amitié et une tolérance mutuelle apparentes. Allons un peu plus loin, et examinons l’aspect le plus inquiétant de l’induction : le fait d’apprendre de manière analeptique. Considérons qu’au lieu de n’avoir aucune valeur, l’expérience de la dinde puisse avoir une valeur négative. Cette volaille a appris par l’observation, comme on nous conseille à tous de le faire (après tout, c’est ce que l’on considère comme la méthode scientifique). Sa confiance augmentait en proportion du nombre de fois, de plus en plus important, où on la nourrissait amicalement, et son sentiment de sécurité s’accroissait alors même que l’échéance de sa mort approchait. Songez que c’est quand le risque était maximum que ce sentiment de sécurité était le plus fort ! Mais le problème est encore plus général que cela ; il touche la nature même de la connaissance empirique. Une chose a fonctionné dans le passé, jusqu’à ce que… eh bien, contre toute attente, ce ne soit plus le cas, et que la leçon du passé se révèle, au mieux, dénuée de pertinence ou fausse, et au pire, cruellement trompeuse.

 

Al-Ghazali

Le troisième grand penseur à avoir traité le problème fut, au 11e siècle, le sceptique arabophone al-Ghazali, connu en latin sous le nom d’Algazel. il surnommait « Ghabi » une catégorie d’universitaires dogmatiques – littéralement, « les imbéciles » –, terme arabe plus amusant que « crétin » et plus parlant qu’« obscurantiste ». al-Ghazali écrivit lui aussi son Adversos mathematicos sous la forme d’une diatribe intitulée Tahafut al-falasifah, que je traduirai par « l’incompétence de la philosophie ». Elle était dirigée contre l’école appelée « falasifah » – l’establishment intellectuel arabe était l’héritier direct de la philosophie classique de l’académie, et il arrivait à la réconcilier avec l’islam à travers une argumentation rationnelle. La critique de la connaissance « scientifique » par al-Ghazali fut à l’origine d’un débat avec Averroès, philosophe médiéval qui, de tous les penseurs de son époque, fut finalement celui qui exerça l’influence la plus profonde (sur les juifs et les chrétiens, mais pas sur les musulmans). Malheureusement, ce débat fut finalement remporté par les deux. Peu de temps après, nombre de penseurs arabes religieux intégrèrent en l’exagérant le scepticisme d’al-Ghazali par rapport à la méthode scientifique, préférant laisser à Dieu les considérations causales (c’était en fait une extrapolation de son idée). L’occident épousa le rationalisme d’Averroès, fondé sur celui d’Aristote, qui survécut à travers Saint Thomas d’Aquin et les philosophes juifs – lesquels se qualifièrent eux-mêmes pendant longtemps d’averroésiens. Nombre de penseurs déplorent que, sous l’influence d’al-Ghazali, les arabes aient ensuite abandonné la méthode scientifique. al-Ghazali finit par nourrir le mysticisme soufi, dans lequel l’adepte tente d’entrer en communion avec Dieu, coupant tout lien avec les préoccupations d’ordre terrestre. Tout cela venait du problème du cygne noir...

 

 


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