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Poussière d’Etoile

« A chaque fois que vous vous retrouvez à penser comme la majorité des gens, faites une pause, et réfléchissez... » Marc Twain

Publié il y a  3,088 Vues Actualisé il y a 5 mois

« Regardez ce point. C’est ici. C’est notre foyer. C’est nous. Dessus se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous n’avez jamais entendu parler, tous les êtres humains qui n’aient jamais vécu. La somme de nos joies et de nos souffrances. Des milliers de religions, d’idéologies et de doctrines économiques remplies de certitudes. Tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations. Tous les rois et paysans, tous les jeunes couples d’amoureux, tous les pères, mères, enfants remplis d’espoir, inventeurs et explorateurs. Tous les moralisateurs, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l’histoire de notre espèce ont vécu ici… Sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.

La Terre est une scène minuscule dans l’immense arène cosmique. Songez aux rivières de sang déversées par tous ces généraux et empereurs afin que, nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d’une fraction… d’un point. Songez aux cruautés sans fin infligées par les habitants d’un recoin de ce pixel aux habitants à peine différents d’un autre recoin. Comme ils peinent à s’entendre, comme ils sont prompts à s’entretuer, comme leurs haines sont ferventes. Nos postures, notre soi-disant importance, l’illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l’univers, sont mises en perspective par ce point de lumière pâle.

Notre planète est une poussière isolée, enveloppée dans la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité, dans toute cette immensité, rien ne laisse présager qu’une aide viendra d’ailleurs, pour nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu’à présent le seul monde connu à abriter la vie. Il n’y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S’installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment, c’est sur Terre que nous nous trouvons.

On dit que l’astronomie incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure démonstration de la vanité humaine que cette lointaine image. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous n’ayons jamais connue. » (Carl Sagan* / Image de la Terre prise par la Sonde Voyager 1, alors qu’elle se trouvait à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre, au-delà de l’orbite de Neptune).

*Carl Sagan était un astronome, écrivain et vulgarisateur américain né le 9 novembre 1934, et disparu (beaucoup trop tôt) le 20 décembre 1996. Entre beaucoup d’autres choses, on lui doit la série documentaire Cosmos, le livre de science-fiction Contact (adapté au cinéma avec Jodie Foster) et la création de la Planetary Society, qui est aujourd’hui la plus grande association à but non-lucratif dont l’objectif est de promouvoir l’astronomie et l’exploration spatiale auprès du grand public.

 

 

Il suffit d'observer avec attention l'état actuel des esprits pour s'apercevoir que l'homme a perdu sa foi et sa sécurité des anciens jours, que notre temps est une époque de luttes, et que l'humanité inquiète est dans l'attente d'une philosophie religieuse en laquelle elle puisse mettre ses espérances. Il fut un temps où l'humanité pensante était satisfaite par des croyances qui comblaient ses aspirations ; aujourd'hui il n'en est plus ainsi. les vents critiques qui viennent de souffler ont desséché ses lèvres, ils l'ont sevré des sources vives de la foi, où elle trempait de temps en temps ces lèvres ardentes, où elle se régénérait aux jours de défaillance. On lui a pris successivement tout ce qui faisait sa force et son soutien ; que lui a-t-on donné en place ? le vide, hélas ! le vide sombre, insondable, où se meuvent dans l'ombre ces êtres sans forme qu'enfanta le doute, le vide de l'abime, où la raison elle-même perd sa force vantée, où elle se sent prise de vertige et tombe, évanouie, dans les bras du scepticisme.

Le passé est mort ; la philosophie de l'avenir n'est pas née : elle est encore enveloppée dans les troubles laborieux de l'enfantement. L'âme du monde moderne est divisée et en contradiction perpétuelle avec elle-même. Réflexion grave, la science, cette divinité puissante du jour, qui tient en main les rênes du progrès, la science n'a jamais été aussi peu philosophique, aussi isolée qu'aujourd'hui. Nous avons, ici présents, à la tête des sciences, des hommes qui ne croient pas en Dieu et qui éliminent par système la première des vérités. Nous en avons d'autres, dont l'autorité n'est pas moindre, qui ne croient pas à l'âme et qui ne connaissent rien en dehors du travail des combinaisons chimiques. Voici une pléiade qui proclame ouvertement la question de l'immortalité une question puérile, bonne tout au plus au loisir des gens inoccupés En voici une autre qui ne voit dans tout l'univers que, deux éléments : la force et la matière ; les principes universels du vrai et du bien sont lettres closes pour elle.  Celui-ci représente nos individualités humaines comme autant de petites molécules nerveuses de l'être-humanité ; celui-là nous parle d'une immortalité facultative. Pendant ce temps-là, nous avons des docteurs catholiques qui restent isolés dans leur statu quo d'il y a cinq siècles, qui répudient dédaigneusement la science, et qui nous assurent sérieusement que la foi chrétienne n'a rien à craindre !

Que devait-il résulter de ces mouvements divers qui s'agitent en tous sens sous la société, et qui depuis un demi-siècle remuent le monde comme une fluctuation tourmentée ? Le résultat devait être celui que nous avons sous les yeux : chacun flotte sur le doute aujourd'hui, attendant le calme qui ne vient pas encore ; chacun cherche s'il y a quelques rocs inébranlables, quelques points d'appui solides auxquels il puisse confier sa barque fatiguée.

Les agitations politiques, les éventualités financières et l'indifférence de la plupart des hommes pour les questions qui sont en dehors de la vie matérielle, n'ont pas assoupi l'esprit humain au point de l'empêcher de songer encore de temps en temps à sa raison d'être et à sa destinée ; des soldats de la pensée se réveillent de toutes parts à l'appel de quelques paroles tombées de bouches éloquentes, et se rallient en groupes divers sous l'étendard de l'Idée moderne.

C'est que l'homme, progressif de sa nature, ne veut point rester stationnaire, encore moins descendre. C'est que le progrès auquel le portent ses tendances intimes n'est point une idéalité perdue dans un monde métaphysique inaccessible aux investigations humaines, mais bien une étoile rayonnante attirant à son foyer central toutes les pensées anxieuses du vrai et altérées de science.

C'est que l'humanité n'a pas encore atteint l'ère lumineuse à laquelle elle aspire, qu'il faut des siècles de préparation lente et de pénibles labeurs pour arriver à la connaissance du vrai, qu'il n'est pas de jour sans aurore, et que si l'époque présente resplendit sur celles qui l'ont précédée, par les grandes découvertes qui la caractérisent, c'est qu'effectivement elle nous annonce le jour. (Camille Flammarion / « La Pluralité des Mondes Habités ». Astronome français, 1842-1925. « L'Astronomie Populaire » est son œuvre majeure).


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